« On fait le bilan, calmement, en s’remémorant chaque instant… » comme l’a dit le sage. A l’aube de cette nouvelle décennie, il était grand temps de jeter un coup d’oeil sur ce qui s’est fait de mieux entre 2010 et 2019. Une sélection d’albums évidemment personnelle mais la meilleure, objectivement parlant.

#10 Royal Blood – Royal Blood (2014)

Alors oui, Royal Blood n’a pas inventé l’eau tiède. Ok, ils ont accouché d’un deuxième album un poil trop formaté et limite clichouille. MAIS faut avouer que ce premier opus a vraiment d’la gueule et aura au moins réussi à nous redonner espoir dans le bon vieux rock à papa. De la bonne came confectionnée dans des vieux pots (Led Zep’, RATM, Jack White, …), puissant et efficace.

Le titre à retenir : Out Of The Black

#9 Mutilated Defeated At Last – Oh Sees (2015)

Groupe indéboulonnable de la scène garage depuis la fin des années 00’s, Oh Sees livre ici un douzième album jubilatoire. La bande à John Dwyer fait la part belle aux sonorités glam-rock héritées des 70’s, boostant le tout aux hormones fuzzy et aux basses grassouillettes. On en redemande !

Le titre à retenir : Turned Out Light

#8 Lazaretto – Jack White (2014)

Deuxième album solo pour Jack White qui s’échappe des sonorités country/psyché/R&B de son premier essai pour retrouver un blues-rock plus familier mais autrement plus travaillé. Deux ans après la dissolution des White Stripes, le savant-fou vintage développe les bases de son oeuvre mêlant tradition et sonorités plus modernes.

Le titre à retenir : Lazaretto

#7 Brutalism – IDLES (2017)

Un premier album qui n’a jamais aussi bien porté son blase. Brutalism est un pur condensé de brûlots punk pur et dur, écrits et joués avec les tripes. IDLES est l’une des grosses découvertes de cette décennie et ils n’ont pas tardé à le confirmer avec un deuxième tout aussi brutal sorti un an après, Joy As An Act of Resistance.

Le titre à retenir : Mother

#6 Post Pop Depression – Iggy Pop (2016)

Iggy Pop + Joshua Homme = amour éternel. Les deux acolytes signent un album aux sonorités lancinantes, sorte de blues/pop dépressif à souhait. L’Iguane se fait plus crooner que jamais sur des compositions aux rythmes saccadés et aux guitare froides comme la nuit.

Un titre à retenir : Sunday

#5 ZAM – Frankie and The Witch Fingers (2019)

Élu meilleur album de guitare 2019, ZAM devait forcément figurer dans ce classement. Le combo californien, qui n’a rien à envier aux Oh Sees, propose une Apocalypse lo-fi en 11 actes : tornades de guitares électriques, envolées de basse stratosphériques, synthé complètement barrés, batterie explosive, tout y passe !

Le titre à retenir : Pleasure

#4 Endless Scroll – BODEGA (2018)

Le quintet de Brooklyn, découverte des Transmusicales 2018, livre un premier album très réussi, lorgnant vers le post-punk de Television ou plus proche de nous, Parquet Courts. Minimaliste dans son approche musicale (mais terriblement efficace), BODEGA se veut également mordant dans ses textes abordant non sans ironie, les travers de notre belle société consumériste.

Le titre à retenir : How Did This Happen!?

#3 Songs Of Praise – Shame (2018)

shame

Dans la veine de leurs compatriotes IDLES, Shame nous propose un (post)punk velu, chanté la bave aux lèvres et avec la hargne d’un guerrier. Un premier album impitoyable, rempli de tubes, porté par la voix rauque et implacable de Charlie Steen.

Le titre à retenir : Concrete

#2 Manipulator – Ty Segall (2014)

Un double-album solide de bout en bout pour Ty Segall. Nuancé, intelligent et accrocheur, ce Manipulator rassemble les meilleurs aspects de chacun de ses projets. Une formidable porte d’entrée pour quiconque veut s’immerger dans l’univers lo-fi du Californien.

Le titre à retenir : Feel

#1 Nonagon Infinity – King Gizzard and The Lizard Wizard (2016)

Sans conteste, le groupe de cette décennie. 15 albums à leur compteur entre 2010 et 2019 (5 en 2017 !) dont plus de la moitié aurait pu figurer dans ce classement. Le choix de Nonagon n’est pas anodin : un album concept dont tous les titres sont reliés entre eux. Neuf chansons qui ne font qu’une, dopées aux guitares et à l’harmonica fuzzy. Soit l’âme du groupe australien qui a toujours su se renouveler, passant du krautrock (Murder of the Universe) au trash metal (Infest the Rats’ Nest, le dernier en date) en passant par une pop-folk de hippie (Fishing for Fishies) avec une facilité déconcertante.

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