11 ans de carrière, 5 albums et plus de 1300 concerts ont finalement eu raison de Birth Of Joy. En septembre dernier, le power-trio néerlandais annonçait de façon laconique la fin de leur histoire, celle de trois personnalités singulières, Kevin Stunnenberg au chant, Bob Hogenelst à la batterie et Gertjan Gutman aux claviers.

Avant de mettre définitivement la clef sous la porte, les bataves se devaient d’honorer leur dernier album en date (Hyper Focus sorti en février) et leur formidable carrière par une tournée digne de ce nom. Pour leur ultime concert en France, Birth Of Joy a donc jeté son dévolu sur la salle de l’UBU à Rennes, là même où ils ont immortalisé un live survolté (Live At Ubu) en 2015. La boucle est bouclée et en route pour la joie.

De la sueur et beaucoup d’amour

Avant l’entrée des fauves, petit speech de Jean-Louis Brossard, garde-fou de l’UBU, qui avait invité le groupe au Transmusicales en 2012. Souvenirs, souvenirs. 21h presque tapantes, les lumières s’éteignent, la folie s’empare de la salle qui affiche complet pour l’occasion.

Le show s’annonçait bouillant et il l’a été. 2h d’un blues-rock psychédélique gonflé aux stéroïdes, nerveux et suintant de bout en bout. Dans la « fosse », à quelques centimètres du groupe, on a de tout : jeunes, vieux, mecs, nanas, handicapé (un type en fauteuil roulant, la banane tout du long). C’est beau à voir. Ça pogotte gentiment sur le premier morceau Join The Game (issu du dernier album) avant de s’énerver copieusement sur un troisième titre de circonstance : Devil’s Paradise ! Premier slam, premières suées, premiers baisers : le slammeur en question aura droit à un joli bécot du chanteur.

De la fièvre et des larmes

Birth Of Joy enchaîne les classiques (Three Day Road et Make Things Happen) et les titres plus récents (Hyper Focus) avec une énergie de fou furieux. On respire à peine au moment du solo de batterie, dantesque, de Bob Hogenelst qui martèle ses fûts comme un damné. Kevin Stunnenberg n’est pas en reste au chant, multipliant les sauts de cabri et les sourires adressés aux spectateurs. Que dire de Gertjan Gutman aux claviers, véritable ciment du groupe et chorusseur de génie.

Le trio prend visiblement son pied et le public lui rend bien. Une petite dédicace à Jean-Louis Brossard de la part du chanteur et c’est reparti pour un boogie endiablé, agrémenté d’un Green Onion improvisé au clavier en plein milieu du morceau. Les titres s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Seul point commun : l’énergie bouillonnante des années 60-70, des Doors aux Stooges en passant par le MC5 ou Deep Purple.

La fin du concert approchant, la petite salle de l’UBU ressemble de plus en plus à un sauna. Les spectateurs sont en nage mais en redemandent. Un rappel (Sypdorkat) puis un deuxième (Know Where To Run) et c’est déjà fini. Salutation du groupe, la dernière dans l’hexagone. Le public, partagé en rancoeur et résignation, en redemande, forcément. Au pied de la scène, un fan s’adresse timidement au groupe : « On doit vous appeler les Death of Joy maintenant ? »

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