De passage dans la capitale bretonne, Delgres nous a gratifié d’un blues du dimanche soir flambé au rhum et débarrassé de son spleen habituel.

Dès les premières notes, la moiteur des marécages de la Louisiane se propage dans la petite salle de l’UBU. Le trio de blues caribéen originaire de Paris attaque de front avec Respecte Nou, morceau aux accents rockabilly mais chanté en créole, la marque de fabrique de Delgres. Béret noir des Black Panthers vissé sur la tête, le chanteur et guitariste Pascal Danaë aborde tour à tour les thèmes de la lutte et des combats pour la liberté, invoquant dans le même temps ses racines antillaises.

Le très efficace Mo Jodi, titre éponyme de leur premier album, fait définitivement décoller un UBU plein à craquer. L’occasion pour Pascal Danaë de tâter du bottleneck sur les morceaux suivants, Ramenez mwen et Mr Président. Sur ce dernier, on se rend compte de la puissance du soubassophone, sorte du tuba énorme emprunté aux marching bands de la Nouvelle-Orléans, joué ici impeccablement par Rafgee.

On navigue en eau plus calme ensuite avec les harmonies vocales de Serre mwen et le solo de trompette de Pardonnez-mwen. Une quiétude fugitive contrecarrée par le boogie de Lanme La suivie d’une version créolisée du Whole Lotta Love de Led Zep‘. Le trio n’a plus qu’a sortir ses dernières cartouches (dont Mo Jodi en rappel) devant un public complètement acquis à la cause du blues chamanique de Delgres.

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