Les Weird Omen ne font rien comme les autres. Limougeauds de naissance et perpignanais d’adoption, les trois lascars ont commencé par surfer sur les riffs de Dick Dale avant d’évoluer vers un power trio tout en muscles, brassant le maximum de références rock’n’roll (rockab’, garage, punk, …), pourvu qu’elles nettoient les cages à miel en profondeur. Le tout est servi par un saxophone vrombissant, atout charme et punk de ce groupe atypique.

Leur troisième album, Surrealist Feast, est un concentré de psyché-garage tonitruant, enregistré pour une grosse partie à Limoges. Encore un autre moyen de se démarquer ? On a posé la question (et plein d’autres) à Fred Roller, saxophone du groupe.

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« Faire une musique brutale avec le moins d’instruments possible »

Comment décrirais-tu la musique de Weird Omen à quelqu’un qui ne la connaît pas ?

Fred : Rock’n’roll baby ! Garage primitif psyché si tu préfères. C’est un mélange étrange qui nous est propre, y’a une base garage rock’n’roll dans laquelle chacun emmène ses influences. On n’a jamais cherché à jouer un style de garage particulier (même si y a une base vintage), on préfère les choses plus particulières et mélangées.

D’où vous êtes venus l’idée de former un trio garage avec un sax baryton ?

L’envie de faire une musique brutale avec le moins d’instruments possible mais où chaque instrument tient un rôle essentiel.
Une base rock’n’roll mais où le sax joue un autre rôle que celui de soliste, une façon inhabituelle de placer le sax dans du rock’n’roll.

Vous avez sorti votre premier titre en 2012 sur la compilation  « L’appel de la musique surf » . Vous avez vraiment commencé par faire de la surf music ? Comment a évolué le groupe depuis ?

Oui, c’est le tout premier enregistrement ! Au départ du groupe, on a commencé par faire des riffs surfs mais pas dans l’idée de faire un groupe surf. Le chef nous a proposé d’être sur cette compilation, alors on a pondu un morceau surf. On a toujours mélangé des riffs surf avec de gros passages fuzz. Ce son là est toujours présent aujourd’hui dans notre musique, un mélange de reverb et de fuzz.

« Insinues-tu que nous venons d’une ville de merde ? »

Vous venez de Limoges, bourgade pas forcément connue pour sa scène rock émergente… Comment vous-vous en êtes sortis ?

Me demandes tu quels sont les acteurs professionnels locaux de musiques actuelles qui nous ont permis de nous exporter hors de la région Limousin ? Ou insinues-tu que nous venons d’une ville de merde ?

La première question m’intéresse un peu plus mais libre à toi de me venter les louanges du Limousin haha !

C’était pour la blague bien évidemment…En fait, pour les dates, on bosse avec nos contacts perso ou avec des tourneurs (Adrenaline Fix pour la France et Zuma pour le reste de l’Europe).

Vous avez tous 3000 groupes chacun, c’est pas trop le bordel pour vous organiser ? Comment vous faites ?

Rémi [batterie] joue dans Escobar, The Anomalys et commence un nouveau trio : Sparrings. Moi je joue dans King Khan & the Shrines et on vient de commencer un nouveau groupe rockabilly avec des potes : The Dell Limos. Ray [guitare/chant] a ses projets personnels en one man band. On jongle entre les plannings de chacun…Ça se gère sans trop de galères.

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De gauche à droite : Rémi Pablo (batterie), Fred Rollercoaster (saxophone) et Sister Ray (guitare/chant).

« Pas très fan du concours du nom de groupe le plus stupide qui dure depuis un petit moment »

Quel regard portes-tu sur la scène garage en France ?

Pas très fan du concours du nom de groupe le plus stupide qui dure depuis un petit moment… Sinon, pas mal de bons groupes se bougent et se font connaître au-delà de nos frontières, c’est plutôt cool.

Contrairement à pas mal de groupes français de la scène garage, vous n’avez pas cédé aux chants des sirènes pour produire vos albums aux Etats-Unis. Tu peux me parler de la production de ce dernier album ?

On a pas enregistré là-bas mais on a sorti le second album chez Get Hip Recordings en co-prod avec Beast. Je suis assez attaché aux détails, c’est pour cette raison que j’aime bosser avec des potes en studio pour entre autre passer du temps sur les arrangements. Last Train For Love [premier album du groupe] avait été enregistré à moitié à Limoges au Sonic studio par Toto Marraud et l’autre moitié par Mojo Matt à Outside/Inside (Italie). Breakfast Before Chaos [deuxième album] avait aussi été enregistré par Christophe à Limoges. Nos derniers 45t ont été enregistré à Watthouse à Perpignan par Renaud Picard (Crank, Hair & the Iotas, Liminanas). On a de nouveau fait confiance à Chrsitophe pour notre dernier album, Surrealistic Feast.

Peux-tu me parler un peu de l’artwork de l’album ?

Le visuel est très important dans le rock’n’roll. Toutes nos pochettes sont sérigraphiées et façonnées à la main par Terrorprint
Notre premier 45t est un dessin de Jean-Marie Arnon. Pour le second 45t, le premier et le second album, on s’est inspiré d’un vieux magasine fantastiquo-déviant, OrchideenGarten. Le 45t Goat est une illustration de notre pote japonais Ekin.
Le dernier 45t est un visuel géométrique basé sur un jeu de reflets d’encres argentées imprimées en sérigraphie sur un papier chromé. Le dernier album est une illustration, « La nuit est mon royaume » de Jean-Luc Navette.

weird omen cover

Epilogue

Vous êtes en plein Cosmic Trip Tour en ce moment, comment se passe la tournée ?

La tournée se passe bien, encore trois dates en Italie puis direction la Belgique. On a eu des soucis techniques avec notre camion mais on le récupère sur la route. Là on a un gros camion style déménagement, beaucoup de place pour le matériel et nous trois devant.

C’est quoi la suite pour vous ?

On a quelques nouveaux morceaux à enregistrer, on passe chez Lo Spider à la fin de ce tour pour les mettre en boîte.

Quels groupes récents tu écoutes en ce moment ?

The Losin’ Streaks tournent en ce moment, ils sont supers ! Pas forcément un groupe récent mais ils viennent de sortir un nouvel album.


Surrealist Feast des Weird Omen est sorti le 15 mars 2019 (Dirty Waters Records).

Facebook / Bandcamp ∇

 

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