KO KO MO sonne comme le cri d’un coq atteint de pituite matinale, conséquence d’une soirée trop arrosée la veille en compagnie de son cousin portugais (le fameux Coco Rico). Un cri douloureux mais qui vient du coeur, à l’instar des complaintes de Kokomo Gordon, auquel le duo nantais empreinte le patronyme. Ce blues atavique date de l’époque où Warren Mutton (au chant) et Kevin « K20 » (derrière les fûts) reprenaient sur scène les classiques du blues traditionnel. « Encore un groupe qui veut singer les Stones et Jack White », je vous vois venir.

Revival acidulé

Mais les nantais ont fait du chemin depuis. Un premier album Technicolor Life (2017) nous ouvrait les portes d’un revival 70’s aux arrangements électros subtils et bien ancrés dans son temps. Lemon Twins emprunte la même voie et passe même la seconde. Ça partait pourtant mal avec le pétaradant premier morceau, instru aux synthé finaux un peu bouffons qui m’ont rappelé les heures les plus sombres de la techno hardcore. Le duo est vite pardonné avec les deux morceaux suivants, Self Love Age et So Down, aux carrefours entre le Queen Of The Stone Age post-2010 pour l’un et Led Zep’ pour l’autre.

La filiation avec le Zep apparaît plus qu’évidente à l’écoute des deux derniers morceaux orientés blues oriental, dont 25 again en duo avec l’ex-chanteuse d’Orange Blossom, Leila Bounous.  KO KO MO a son Kashmir mais ne fait pas dans la dentelle pour autant. Plus riche que le premier album (entre pop, rock, heavy blues et électro), les nantais font cohabiter tradition et modernité avec beaucoup de justesse et une énergie débordante de tous les pores. Plus fort qu’un presse-citron, Lemon Twins nous offre de jolis moments acidulés.


Lemon Twins de KO KO MO est sorti le 29 mars 2019 (Les Disques en Chantier).

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