L’album aurait pu s’appeler BOOM que c’eût été plus approprié. Frankie and The Witch Fingers, quatre californiens aux crocs acérés, remettent la six cordes au centre des débats. Issus d’une formation plus accès pop psyché (Triptides), le combo a fait une croix sur ses bonnes attentions en 2014 pour tailler dans le lard à grands coups de riffs malsains. Quatre albums plus tard arrive ZAM, qui peut déjà prétendre au titre du meilleur album de guitare de l’année.

Leur sobriquet n’a pas été choisi au hasard d’une soirée trop arrosée à l’Orange Yuzu. Frankie et ses doigts de sorcière transforme tout ce qu’il touche en cauchemar lo-fi. Plus nuancé que leurs précédents essais, ZAM bouffe à tous les râteliers. Dracula Drug en ouverture est caractéristique de cet appétit vorace et sans limite où s’entremêlent krautrock, psyché et garage.

Les dix autres morceaux sont du même acabits. Sans révolutionner quoique ce soit, Frankie and The Witch Fingers convoque le meilleur du garage des années 90 (type The Mummies) pour l’ancrer dans quelque chose de tout à fait contemporain. Les fans de Oh Sees, King Gizzard et consorts s’y retrouveront largement.

Mieux, ils pourront enfin écouter un album d’une traite en secouant leur tignasse à tout rompre, sans qu’un ou deux morceaux de remplissage ne viennent casser leur délire. Rien n’est à jeter dans ZAM. Pas même l’épique Undernetah You (9 minutes), avant dernier morceau de l’album, qui vous donnera forcément envie de chevaucher un étalon et arpenter au galop les plages californiennes, la guitare en bandoulière et l’épée à la main. Si ce n’est pas le cas, je ne peux plus faire grand chose pour vous.


ZAM de Frankie and The Witch Fingers, sortie le 1er mars 2019 (Greenway).

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