Eric Clapton en a chié. Son amour impossible avec Patty Boyd (la femme de Georges Harrisson), sa descente aux enfers dans les années 70, la mort de son fils  en 1991, … Le documentaire de Lili Fini Zanuck, Life In 12 Bars, revient largement sur ces drames qui ont jalonné la vie du guitariste. Quitte parfois à reléguer la musique au second plan. Retour donc sur 3 faits marquants effleurés ou carrément occultés par le documentaire mais qui ont pourtant contribué à façonner le mythe « God ».

Il a inventé un son

1965. Mal à l’aise face au succès commercial des Yardbirds, Eric Clapton claque la porte. Puriste dans l’âme (le blues de Muddy Waters et cie), il n’apprécie pas la direction pop que semble prendre le groupe. Qu’à cela ne tienne : deux petites semaines plus tard, John Mayall lui propose de rejoindre les Bluesbreakers, le groupe R&B le plus en vu de l’époque. Il troque alors sa fidèle Telecaster pour une Gibson LesPaul, branchée dans un ampli Marshall JTM45. Une combinaison inédite pour l’époque. Surtout lorsque le potard de volume est réglé à fond. Un cauchemar pour les ingé son mais un bonheur pour Eric Clapton qui expérimenta ce son puissant sur l’album John Mayall and the Bluesbreakers with Eric Clapton.

La paire légendaire Gibson/Marshall vivait ainsi ses premières heures, faisant de Clapton un des premiers à la populariser. Au point que Marshall rebaptisa plus tard le JTM 45 « Bluesbreaker » en hommage au guitariste. Jimmy Page, Jeff Beck, Duane Allman et bien d’autres lui emboitèrent le pas en adoptant ce combo devenu un classique.

Il était très proche de Jimi Hendrix

Eric Clapton
Ricky et poto Jimi

En 1966, le groupe Cream est la nouvelle raison de vivre d’Eric Clapton. Enfin un projet qui met en avant son talent et son ego, fraîchement auréolés du statut de « God » de la six cordes. Une réputation mise à mal un soir d’octobre 1966 par un musicien alors inconnu à l’époque : Jimi Hendrix. Ce dernier fut repéré aux Etats-Unis par Chas Chandler (bassiste des Animals) quelque mois auparavant. Chandler proposa au jeune guitariste de venir se faire connaître et d’enregistrer son premier single au Royaume-Uni. Ce qu’Hendrix accepta mais à une seule et unique condition : rencontrer celui que l’on surnomme Dieu.

La rencontre au sommet se fait donc le 1er octobre 1966 lors d’un concert de Cream au Central London Polytechnic. A la fin du set, Jimi est invité à rejoindre le trio sur scène pour une jam sur Killing Floor de Howlin’ Wolf. Clapton raconte :

Il a joué de la guitare avec les dents, derrière la tête, allongé par terre, en faisant le grand écart et d’autres figures. C’était stupéfiant et génial musicalement, pas uniquement un vrai feu d’artifice à contempler. […] Je pris peur, car, juste au moment où on commençait à trouver notre vitesse de croisière, voilà qu’arrivait un vrai génie.

God est K.O. Si l’égo du britannique en prend un sérieux coup, le documentaire souligne la solide amitié qui va lier les deux guitaristes par la suite. A tel point qu’en 1970, Clapton sera dévasté à l’annonce de sa disparition et aura beaucoup de mal à se remettre de la mort de son ami.

Il a internationalisé le reggae

Un peu de répit pour notre Rickounet en 1974 : tout juste libéré de son addiction à l’héroïne, le guitariste monte un groupe pour enregistrer un nouvel album solo à Miami BITCH. L’album, très éclectique, comporte des morceaux de funk, de blues et de… reggae, genre musical très peu en vogue à l’époque.

Clapton s’est en fait inspiré de son voyage en Jamaïque l’année précédente pendant lequel il a rencontré un certain Bob Marley. Ce dernier venait tout juste d’enregistrer son album Burnin’ avec les Wailers. Le titre phare, I Shot The Sheriff, émoustilla quelque peu le Britannique qui décida de le reprendre à son compte dans son album 461 Ocean Boulevard. Une consécration pour le Jamaïcain puisque le titre fut un tube aux États-Unis où il a atteint la première place du Billboard Hot 100. Double conséquence : I Shot The Sheriff permit de relancer la carrière d’Eric Clapton et lancer celle de Bob Marley, faisant éclore le reggae auprès d’un public international.

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