Exprimer sa déception vis-à-vis de Bohemian Rhapsody relève en ce moment du blasphème pouvant entrainer une mort lente et douloureuse. Parce que je suis un peu maso sur les bords, j’ai listé ce qui n’allait pas dans ce biopic beaucoup trop lisse.

Il faut dire que le film partait sur de très mauvaises bases : deux acteurs qui claquent la porte (dont Sacha Baron Cohen, ultime regret), un changement de réalisateur en plein tournage, des dissensions entre la production et le groupe, etc. Difficile d’accoucher d’un film solide dans ces conditions.

Ce qui ne va (vraiment) pas :

  • Il n’y a pas de cinéma. Bohemian Rhapsody ne propose pas grand chose en tant qu’objet cinématographique. Dommage lorsqu’on paye sa place 15 boules. Ici, pas de vision artistique ni de réappropriation par le(s) réalisateur(s). On est loin d’un I’m Not There de Todd Haynes, plus proche d’un The Doors d’Oliver Stone : démonstratif et manquant cruellement de subtilité.
  • Les partis pris scénaristiques. Exit le background de Mercury (sa formation musicale, son expérience dans d’autres groupes avant de rejoindre Queen), totalement éludé tout comme ses démons et sa décadence, à peine effleurés. Comme un mauvais cover, le film se contente de dérouler froidement les différentes étapes de la vie du groupe, les morceaux emblématiques ne servant que de prétexte à des scènes qui s’enchaînent comme des sketchs.
  • Rami Malek. Le costume était bien trop large. Pourtant investit à fond dans le rôle, l’acteur peine à convaincre dans la peau du frontman charismatique du groupe. Les chorégraphies sont bien exécutées mais il manque cette petite étincelle dans les yeux et cette folie douce caractéristique de Freddie Mercury. Sacha, reviens !
  • La prothèse, un poil exagérée à mon goût. Comme une crotte de nez à l’orée d’une narine, impossible de détourner le regard.

Ce qui sauve (un peu) le film :

  • Les séquences lives (les tournées mondiales, le Live Aid), plutôt réussies, compensent la pauvreté du scénario.
  • Les sosies presque parfaits de Brian May et de Roger Taylor. Moins convaincu par celui de John Deacon.
  • Mike Myers, parfait dans le rôle de Ray Foster, patron (fictif) du label EMI. Particulièrement savoureux dans la scène où il s’oppose au passage radio de Bohemian Rhapsody.

Même s’il ouvre une fenêtre intéressante sur l’univers de Queen pour qui ne connaît pas le groupe, on regrette que Bohemian Rhapsody ne soit pas à la hauteur de la folie du titre éponyme et du groupe qu’il l’interprète. Freddie méritait mieux.

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Cet article a 1 commentaire

  1. Avatar

    Par contre je trouve que Joe Mazzelloest le sosie idéal de John Deacon.
    Les mises en scènes et la montage sont par moment bâclés.
    Et enfin, je trouve la partie de Ray Foster très, voire trop, fan-service.

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